
otaku
janvier 23, 2008Mon premier article portera sur les otaku, qui sont-ils et en quoi sont-ils si particuliers. J’ai tenté d’en faire une présentation précise, mais tout en restant simple et non-exhaustive.
Et c’est parti!
————————————————————-
おたく en hiragana
(O – TA – KU)
Commençons tout d’abord par une première remarque sur une des particularités de la langue japonaise. Les noms communs en général sont invariables, alors qu’il soit masculin, féminin, singulier ou pluriel, otaku s’écrira toujours de la même façon. En fait, le concept de féminin/masculin est pratiquement inexistant en japonais (quelques petites exceptions), un peu comme en anglais.
J’vous épargne l’étymologie du mot, on s’en fout un peu!
Disons seulement que le terme est utilisé fréquemment au Japon depuis le début des années 90, et son utilisation en français ou anglais est très récente, datant d’une quinzaine d’année tout au plus.
La définition diffère un peu selon si vous vous trouvez au Japon ou ailleurs dans le monde, pas beaucoup mais quand même. J’sais que vous préféreriez avoir une définition générale du terme, par contre, pour bien comprendre ce qu’est un otaku et ce que représente leur culture, on se doit de différencier les deux.
Au Japon
Le terme fait référence aux personnes, souvent les jeunes, qui ont une passion obsessive pour un ou plusieurs des phénomènes suivants; les anime, manga, jeux-vidéos, ordinateurs, les Idols, et plusieurs autres dérivées comme le Cosplay. La plupart de ces termes seront expliqués dans de futurs articles, alors ne vous sentez pas déjà trop perdus! Quel est le lien entre chacun de ces passe-temps? Et bien en général, ils se “pratiquent” souvent en solitaire et à l’intérieur. À cause de ça, on comprend que pour certains otaku, la sociabilité n’est pas une qualité première. Ils se regroupent donc, entre eux, soit sur le web à travers les forums, ou encore en personne avec des amis proches, aussi otaku, avec qui ils forment ce qu’ils appellent un “cercle”.
Aujourd’hui, le terme a toujours une connotation plutôt négative puisqu’il sert à étiqueter une “minorité silencieuse” du Japon, une catégorie de la population qui, aux yeux de la majorité, vivent sur leur nuage et refusent de faire face aux obstacles de la réalité. Par contre, on remarque une certaine amélioration à ce niveau depuis une dizaine d’années, période pendant laquelle les otaku ont choisis de commencer à s’affirmer, à prendre leur place dans la société et à promouvoir leurs passions de façon à les rendre plus accessibles à tous. On peut remarquer le fruit de ces efforts à travers les dizaines de conventions qui reviennent annuellement, la place de plus en plus grande qu’on leur accorde au petit et au grand-écran. Les barrières tombent tranquillement, cependant pour la majorité plus âgée de la population japonaise, il est toujours considéré comme une insulte d’être décris comme étant un otaku.
Démographiquement parlant, il est vrai que les otaku sont majoritairement de jeunes hommes, cependant il serait faux de dire que des otaku-filles n’existent pas. Bien que moins nombreuses en nombres, il n’en demeure pas moins qu’il existe des manga et anime fait expressément pour elle, c’est qu’il y a alors un public cible! On y reviendra une autre fois pour l’inventaire de ce qui se fait “pour elle”, c’est à la fois intéressant et quelque peu épeurant pour nous les gars
Ailleurs dans le monde
En français comme en anglais, le terme otaku est un peu l’équivalent des mots “nerd”, ou “geek”. Mais ceux qui vont utiliser ce terme, ce sera pour qualifier les amateurs d’anime, de manga, ou ceux qui se passionnent du Japon et de leur culture. Le terme a donc une signification similaire, cependant on doit comprendre que comme ces produits y sont peu commercialisés, otaku fait donc référence à une partie encore plus minime de la population.
Ceci a ses avantages et ses inconvénients, étant beaucoup moins nombreux, peu de gens sont même au courant qu’un tel courant existe. Plutôt que d’être mépris comme au Japon, on nous laisse tout simplement tranquille. C’est probablement le seul avantage, vraiment, car pour le reste, c’est une autre histoire. Être si éloigné de notre “source” de divertissement est vraiment un problème majeur. Les Japonais sont toujours réticents à exporter leurs arts, contrairement à la croyance populaire, donc seulement une minuscule partie de leurs manga/anime sont disponibles sur notre territoire, et comme les coûts d’exportation et d’achats de licences sont assez considérables, le prix que le consommateur doit payer est encore aujourd’hui beaucoup trop élevé. Bon, en ce qui concerne les coûts, beaucoup d’autres facteurs entrent évidemment en ligne de compte (comme la distribution ou partage d’anime/manga sur internet, phénomène qui n’est toujours pas illégale…en théorie), mais ca aussi j’y reviendrai dans un article prochain.
Une autre catégorie d’otaku étranger désire (en plus) en connaitre le plus possible sur le pays qui les fascine (j’en fais parti). Que ce soit à propos de leur histoire, leur langue, leur culture en générale, on souhaite toujours en apprendre d’avantage. Vous l’aurez sûrement deviné, la plupart d’entre nous souhaitent visiter ce pays au moins une fois dans sa vie, question d’infirmer ou confirmer certaines idées préconçues et être témoin du quotidien d’un des peuples les plus “particuliers” de la planète.
Donc, être un otaku ici au Québec, c’est beaucoup plus compliqué et surtout beaucoup plus coûteux qu’au Japon. Mais à chacun ses passions! La nôtre est peut-être seulement un peu plus exotique que la normale, mais est-ce quétaine de s’ouvrir sur le monde et de vouloir en apprendre d’avantage sur d’autres cultures que la nôtre?
Et voilà, j’ai brisé la glace! J’espère que vous avez trouvé le premier article au moins un p’tit peu intéressant. Si vous avez des commentaires/suggestions, ne vous gênez pas. Je souhaite rendre ces articles les plus clairs et simples possible. Dans mes prochains articles, je vais tenter une approche un peu plus précise, et focuser sur un aspect particulier de la “culture des otaku”. Au prochain rendez-vous!
